Classe virtuelle et séance de rétroaction pour travailler la mémorisation

Constat et objectif :

Comment en période de confinement développer la mémorisation et le développement d’automatismes. Ce développement d’automatismes permet de travailler la durabilité de l’apprentissage.

mémorisation et apprentissage

La mémorisation peut se travailler sans la présence de l’adulte. Il y a toutefois le risque que les élèves les plus dégourdis scolairement résistent à la procrastination au contraire des autres, mais d’un point de vue des apprentissages la mémorisation se travaille individuellement.

La mémorisation consiste à développer des automatismes de manière que ce que l’on vient de découvrir ne demande plus un effort cognitif important. Développer ces automatismes libère de la charge cognitive. L’élève sera en mesure d’avoir accès à de nouveaux types de questions.

Évaluation et apprentissage

L’évaluation est nécessaire pour apprendre. Sans, on ne peut jamais apprendre (image de quelqu’un au milieu du désert qui avance tout droit sans savoir s’il est dans la bonne direction pour sortir du désert).

L’évaluation renvoie à la notion de rétroaction/feedback : à un moment donné quelqu’un ou quelque chose doit renvoyer à l’élève une information au regard de sa performance : « ce que tu as fait, voilà ce que ça vaut. » Un feedback positif incite à poursuivre la voie empruntée tandis qu’un feedback négatif encourage à changer de façon de travailler pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.

  • L’auto-évaluation : A éviter en période de confinement car elle nécessite une grande maturité que tous les élèves n’ont pas. L’erreur étant la la base du travail dans ces situations de feedback. L’auto-évaluation ne comporte pas de feedback, il n’y a donc pas de rétroaction possible. Il devient donc difficile d’apprendre quoi que ce soit. L’élève n’est pas confronté au savoir que l’on voudrait qu’il assimile.

  • Auto-correction : Il s’agit de fournir à l’élève des situations avec solutions (pas « sous les yeux », mais accessibles par un lien ou au verso du document par exemple). L’élève est amené à réfléchir sur l’adéquation entre ce qu’il a fait et ce qu’il doit obtenir. Cette modalité se pratique en autonomie.

De l’auto-correction vers le feedback et la rétroaction

Pour que l’auto-correction soit efficace et pertinente, il est nécessaire que l’élève voit ses efforts reconnus et valorisés. L’auto-correction, pour fonctionner, a besoin de précéder une situation non auto-corrective. Dans ce cas le professeur propose une situation analogue à celle travaillée en auto-correction et renvoie à l’élève un message binaire sur sa production : « validé / non-encore validé ».

« La réponse « non-ok » est vécue comme désagréable. L’élève se repose de manière très intense la question. Et s’il n’y arrive vraiment pas, c’est là que la médiation prend tout son sens. Cette médiation peut avoir lieu avec l’enseignant ou entre plusieurs élèves qui se posent les questions qu’ils n’arrivent pas à résoudre par eux-mêmes. » (Sylvain Connac)

Les élèves les plus assidus en auto-correction sont ceux qui travaillent à plusieurs et disposent d’entraide mais ce sont surtout ceux qui disposent de rétroactions très rapides aux tests non auto-correctifs de l’enseignant. Ce n’est pas le caractère sophistiqué de la consigne scolaire qui enrôle l’élève dans la tâche, mais la rétroaction rapide qui situe les erreurs et permet de les corriger.

Mémorisation et effet bibliothèque

Pour mémoriser, il faut se montrer tenace dans la tâche. Se pose alors la question de la motivation. « L’effet bibliothèque » est celui qui voit un élève conserver une motivation parce qu’il n’est pas tout seul, il voit les autres travailler, ce qui l’invite à travailler. Cet effet existe dans la classe mais disparaît avec le confinement. Il convient donc d’introduire des modalités artificielles et ponctuelles pour inciter les élèves à maintenir leur ténacité.

Et concrètement, rôles de l’enseignant pendant le confinement

1) Séance auto-corrective :

Mettre à disposition des élèves des exerciseurs : soit avec des manuels, soit en ligne de manière à leur donner une batterie d’exercices avec des corrigés à disposition. Ils feront ces exercices en mode asynchrone et ne donneront lieu à aucun retour de la part de l’enseignant.

« C’est une solution très comportementaliste mais c’est mieux que rien. Il convient en revanche d’éviter ce comportementaliste sur des notions nouvelles. » (Sylvain Connac)

2) Séance de feedback rétroaction en classe virtuelle :

A l’issue de ce travail en mode auto-correctif, une classe virtuelle est proposée.

L’enseignant propose une liste d’exercice analogue à ceux proposés en asynchrone pendant cette séance de classe virtuelle. Les élèves font les exercices et individuellement lors qu’ils ont fini demande la validation de l’enseignant qui leur fait un retour « bon/pas bon ».

Si le retour est bon, l’élève passe à un autre bloc d’entrainement.

Sinon, il reprend l’entraînement en s’appuyant davantage sur les auto-corrections pour comprendre ses erreurs.

Pour l’enseignant, pas de notes ni d’appréciation à formuler : juste une rétroaction rapide.

3 ) Régulation différée

Une régulation différée par les pairs, ou par le professeur, sous forme de questions, est organisée plus tard. Utiliser les classes virtuelles pour cette rétroaction différée permet d’augmenter considérablement l’attention des élèves.

Modalité de mise en œuvre de la classe virtuelle pour la séance de feedback et de rétroaction rapide

1) Avant la séance en attendant l’arrivée des élèves, créer un seul groupe de travail  en plus de la salle principale et laisser la possibilité aux élèves de changer de groupe.

2) Une fois les explications de la séance donnée aux élèves, couper l’accès au chat, la vidéo et le micro dans les paramètres. L’enseignant se rend dans le groupe de travail. Les élèves qui ont une question ou qui souhaite proposer à soumission de l’enseignant leur exercice passe dans le groupe de travail ou se situe l’enseignant.  Dans cette salle, l’échange est possible de manière individuelle puisque le son, la caméra, le tableau blanc, le partage d’écran… sont fonctionnels. L’enseignant peut donc éventuellement répondre à des questions et surtout proposer le feedback « bon/pas bon ».

Modalité de mise en œuvre de la classe virtuelle pour la séance de régulation différée

La régulation différée peut se faire soit à l’aide d’un bloc note collaboratif dans lequel l’enseignant ou les élèves peuvent poser leurs questions pour que l’enseignant ou les élèves y répondent.

Il est également possible de la faire avec la classe virtuelle en soumettant les questions dans un diaporama que l’on partage. les élèves se répartissent ensuite en groupe (crée aléatoirement/ par anticipation de l’enseignant/ ou selon les affinités des élèves) pour y répondre. L’enseignent circule alors entre les groupes pour répondre à d’éventuelles questions.

N’hésitez pas à me contacter par mail pour tout retour d’expérience.

Maxime Fourny (maxime-simon.fourny@ac-besancon.fr)

 

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